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Qui a la meilleure démocratie
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Qui a la meilleure démocratie

À propos

Qui sont les champions de la démocratie ? Quels pays européens sont bien classés ?

Date

20 février 2026

Temps de lecture

15 min

Le 9 février dernier, le Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF) a publié son Baromètre annuel de la confiance politique. Cette étude de 168 pages donne beaucoup d’informations sur l’état de la confiance des Français envers les institutions politiques, les responsables publics, mais aussi sur leurs attentes démocratiques et leur rapport à l’engagement citoyen.

On retient que :

  • Les Français perdent confiance en la politique : seulement 22% affirment avoir confiance, contre 45% en Allemagne, 40% en Italie et 44% au Royaume-Uni.
  • Peu de Français ont confiance en l’institution présidentielle (22%), le Parlement et le gouvernement (20%).
  • “Les Français restent très attachés au système démocratique : 82 % pensent qu’avoir un système politique démocratique est une bonne chose pour gouverner le pays.” (CEVIPOF. février 2026).
Taux de confiance en les Institutions (en %). Baromètre de confiance politique CEVIPOF 2026.
Taux de confiance en les Institutions (en %). Baromètre de confiance politique CEVIPOF 2026.
Taux de confiance en les Institutions par pays. Baromètre de confiance politique CEVIPOF 2026.
Taux de confiance en les Institutions par pays. Baromètre de confiance politique CEVIPOF 2026.

Face à ces tendances et à l’instabilité politique depuis la dissolution de juin 2024, la question d’une réforme de nos institutions ou de notre Constitution est désormais au cœur du débat. Comment restaurer la confiance dans notre régime politique ? Faut-il instaurer une VIᵉ République, engager de profondes réformes ou transformer nos pratiques institutionnelles ?

Nous cherchons à explorer toutes ces questions dans le prochain grand format GeoContext en nous appuyant sur de nombreux travaux et sur les débats entre constitutionnalistes. Plusieurs numéros de cette newsletter vous aideront à y voir plus clair ces prochaines semaines, stay tuned !

Intéressons-nous aujourd’hui au niveau de démocratie de la France et à sa place parmi les autres États européens. Quels pays obtiennent de meilleurs résultats que la France ? Et que pouvons-nous apprendre de leur expérience ?

Des cartes et des visualisations de données éclaireront le sujet tout au long de cette édition.

Au programme

Comment mesure-t-on la démocratie ?

Recul mondial de la démocratie

La France, 17ème des 41 pays d’Europe

Processus électoral

Libertés civiles

Participation politique : Le cas de l’Autriche, Le cas du Royaume-Uni, Le cas de la Suisse

Fonctionnement du gouvernement : L’instabilité depuis 2022, Le cas de l’Allemagne

Culture démocratique

Tous les vendredis, des récapitulatifs approfondis et visuels pensés pour comprendre les enjeux contemporains :

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Pourquoi c’est important ?

  • Dans un contexte mondial de recul de la démocratie, dont le symbole le plus probant sont les dérives autoritaires aux État-Unis, il est plus que jamais important de se demander à quel point nous tenons à notre régime démocratique et quelles en sont ses faiblesses.
  • L’élection présidentielle de 2027 approche à grands pas alors que nous traversons une crise politique et une période d’instabilité. Une partie du débat tournera autour du rapport des candidats aux institutions et à la démocratie.

Comment mesure-t-on la démocratie ?

Il n’y a pas de consensus autour de la mesure et la définition de la démocratie. L’Indice de Démocratie, créé par The Economist Intelligence Unit, un centre de recherche appartenant au groupe The Economist, choisit de l’évaluer annuellement selon 60 critères groupés en 5 catégories. L’indice varie de 0 à 10 (10 correspondant au niveau le plus démocratique).

  1. Processus électoral : dans quelle mesure un pays garantit des élections libres, équitables et transparentes, fondées sur le suffrage universel, assurant l’égalité d’accès à la compétition politique et un financement clair des partis.
  2. Libertés Civiles : dans quelle mesure un pays garantit la liberté d’expression, de manifestation et de presse, assure un débat public pluraliste, protège l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’égalité devant la loi et prévient les discriminations.
  3. Participation politique : engagement des citoyens dans la vie politique, à travers la participation électorale, la représentation des femmes, l’adhésion aux partis et à des organisations politiques.
  4. Fonctionnement du Gouvernement : dans quelle mesure les institutions assurent la primauté effective du pouvoir législatif, l’équilibre et le contrôle des pouvoirs dans l’exercice de l’autorité gouvernementale, dans quelle mesure les citoyens ont confiance en les autorités publiques et les partis politiques.
  5. Culture Démocratique : dans quelle mesure les attitudes et valeurs de la population soutiennent la démocratie : quel est le niveau de consensus et de cohésion sociale ? Quel est le niveau d’adhésion aux principes démocratiques face aux alternatives autoritaires ou technocratiques ? Quelle est la confiance dans la capacité de la démocratie à assurer l’ordre et la performance économique ?

Recul mondial de la démocratie

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Le score mondial de 2024 est de 5.17, soit le plus bas depuis la création de l’Indice en 2006, et plus bas que 2023 (5.23). Seulement 45% de la population mondiale vit en démocratie, 39% sous un régime autoritaire et 15% sous un régime “hybride” qui combine des élections et des dérives autoritaires, comme la Russie. Avant d’analyser le score de la France, rappelons que l’Europe de l’Ouest reste la région la mieux notée au monde :

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Six des pays les plus riches du monde en PIB par habitant affichent d’excellents scores, mais quatre États pétroliers du Golfe persique montrent que richesse ne rime pas nécessairement avec démocratie :

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Il est assez préoccupant de constater que, parmi les trois principales puissances militaires mondiales, la Russie et la Chine sont des régimes autoritaires, tandis que les États-Unis pourraient voir leur indice démocratique reculer pour 2025 en raison du retour au pouvoir de Donald Trump :

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La France, 17ème des 41 pays d’Europe

Et la France alors ?

En 2024, l’Economist Intelligence Unit (EIU) a rétrogradé la France du statut de « démocratie complète » à celui de « démocratie défectueuse » (Indice inférieur à 8). Avec un score de 7.99, la France se positionne derrière de nombreux pays européens dont l’Allemagne (8.73), le Royaume-Uni (8.34) et l’Espagne (8.13).

Démocraties Défectueuses : “Ces pays organisent des élections libres et équitables et, même si des problèmes persistent (comme des atteintes à la liberté des médias), les libertés civiles fondamentales y sont respectées. Cependant, d’importantes faiblesses subsistent dans d’autres aspects de la démocratie, notamment des lacunes en matière de gouvernance, une culture politique peu développée et un faible niveau de participation citoyenne.”

On pouvait s’y attendre, cette rétrogradation “reflète une détérioration du score de confiance dans le gouvernement”, notamment après la dissolution de l’Assemblée Nationale de juin 2024 qui a conduit à l’absence de majorité législative et au renforcement du Rassemblement National (EIU).

Mais au delà des deux dernières années fortes en rebondissements, la France est, depuis 2006, moins bien notée que ses voisins britanniques et allemands...

Index de Démocratie en Europe. Source : Ourworldindata & Economist Intelligence Unit. Graphique : GeoContext.

Quelles catégories expliquent la note inférieure de la France ?

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Processus électoral (9.58 / 10)

Rien à dire de ce côté là, félicitations du jury au conseil de classe : les pays européens sont tous largement bien notés, les élections sont libres et équitables.

Libertés civiles (8.24 / 10)

La France est plutôt bien notée dans cette catégorie avec un score supérieur à 8. Elle se positionne tout de même en dessous de l’Allemagne (9.41), l’Espagne (8.82) et les États-Unis (8.53, avant Trump 2…). Au regard des critères énoncés plus haut, cette note plus faible semble s’expliquer par la concentration des médias et par certaines discriminations.

Participation politique (7.78 / 10)

C’est ici qu’on commence à craindre la réunion parents-profs…

La France est notée en dessous de 8 dans cette catégorie qui mesure l’implication politique des citoyens et pour laquelle la participation aux élections nationales figure parmi ses critères les plus importants. Pourquoi ?

En France, le système politique est bi-représentatif : les citoyens élisent au suffrage universel direct à la fois le Président de la République ET les députés de l’Assemblée nationale.

Ce modèle est relativement minoritaire en Europe :

  • Dans de nombreux États européens, les citoyens élisent uniquement les députés, lesquels désignent ensuite le chef du gouvernement (Premier Ministre au Royaume-Uni, Chancelier en Allemagne, Président du gouvernement en Espagne).
  • Quant au chef de l’État, il est soit élu de manière indirecte par un collège électoral (comme le Président fédéral allemand), soit héréditaire dans les monarchies constitutionnelles (comme le Roi au Royaume-Uni).

Depuis 2002 et jusqu’à la dissolution de 2024, la participation aux élections législatives françaises est bien plus basse que certains de nos voisins, expliquant cette note inférieure.

Jusqu’en 2002, les élections législatives avaient lieu en milieu de mandat présidentiel, servant ainsi de baromètre du soutien populaire à la politique présidentielle : la participation était élevée. Mais avec l’adoption du quinquennat par référendum (proposée par Jacques Chirac), le calendrier est inversé pour éviter de nouvelles cohabitations. Les élections législatives ont lieu quelques mois après les élections présidentielles de manière à assurer une même majorité aux deux scrutins. Pendant 22 ans et jusqu’à la dissolution de juin 2024, il a causé une perte d’engouement des citoyens pour les élections législatives³, pourtant fondamentales dans une démocratie, au profit de l’élection présidentielle. Il a également provoqué un renforcement du pouvoir présidentiel : le Président disposant mécaniquement et logiquement d’une majorité à l’Assemblée juste après son élection peut appliquer sa politique très facilement. C’est ce qu’on appelle le fait majoritaire.

Taux d’abstention en % aux élections nationales françaises
Taux d’abstention en % aux élections nationales françaises

La situation est différente ailleurs :

Le cas de l’Autriche (8.89)

L’Autriche a également un système politique bi-représentatif, le Président est aussi élu au suffrage universel. Les élections législatives ne sont pour autant pas “aspirées”³ par les élections présidentielles : le taux d’abstention était en 2017 de seulement 20% contre 51% en France. Deux éléments permettent d’expliquer cette différence :

  • Les élections présidentielles et législatives autrichiennes ne sont pas regroupées, ce qui évite la lassitude électorale et incite davantage les citoyens à voter.
  • La pratique du rôle présidentiel est très différente. Le Président a moins un rôle de gouvernant que d’arbitre. Les citoyens autrichiens savent donc l’importance de l’élection des députés.
“Un candidat aux élections autrichiennes qui dirait “Moi, président de la République, je vais faire une loi sur l’immigration, une loi sur la cueillette des fraises et une loi sur les retraites, tout le monde lui rirait au nez, on lui dirait soit tu n’as rien compris à ton rôle qui est de faire respecter la constitution, soit tu nous expliques gentiment que tu vas établir une dictature et donc on ne va pas voter pour toi”. Benjamin Morel, constitutionnaliste français. Si une VIe République devait naître, quelles seraient ses institutions ?. France Culture. Octobre 2025.

L’Autriche et la France votent donc toutes deux de manière similaire. Toutefois, le rôle du président diffère en raison de l’absence de fait majoritaire : le président ne dispose pas de majorité à l’Assemblée (notamment du fait du scrutin proportionnel), si bien que l’élection présidentielle y revêt une importance moindre qu’en France. La participation aux deux élections est donc élevée.

Le cas du Royaume-Uni (8.33)

Dans le triptyque Chef de l’État, Chef du gouvernement, Parlement qui structure les démocraties européennes, le Roi occupe, au Royaume-Uni, la fonction de chef de l’État, à l’instar du Président de la République en France. Sauf qu’à la différence de ce dernier, il ne dispose que de pouvoirs essentiellement symboliques. L’attention institutionnelle se concentre dès lors sur les élections législatives qui déterminent la composition de la Chambre des communes et permettent la nomination du Premier ministre. L’abstention y est autour de 30%.

Le cas de la Suisse (8.33)

Ce sujet de Participation Politique pose aussi la question de l’implication des citoyens dans les processus de décision et de l’implémentation de dispositifs de démocratie directe (Référendums, référendums d’initiative citoyenne, convention citoyenne…), largement plébiscités par de nombreux constitutionnalistes et certains partis politiques (LFI, Rassemblement National,…).

La Suisse pourrait être un bon exemple de cette approche. C’est une démocratie semi-directe : la démocratie représentative et la démocratie directe y sont complémentaires. En effet, les citoyens sont régulièrement appelés à se prononcer sur de nombreux sujets (sociétaux, économiques, politiques) par referendum, et ces consultations “enrichissent le débat parlementaire” (Sintomer, Yves. [Référendum] - Concordance : un idéal suisse. Août 2025. Institut Montaigne).

Mais la démocratie directe soulève également des questions importantes, notamment sur la rédaction juridique des propositions et sur le risque que des partis populistes utilisent ces instruments pour remettre en cause des libertés fondamentales.

Fonctionnement du gouvernement (7.5 / 10)

Cette catégorie mesure d’une part la confiance des citoyens envers le gouvernement et les partis, d’autre part l’existence d’un équilibre des pouvoirs et d’un contrôle dans l’exercice de l’autorité gouvernementale.

La détérioration de notre note est expliquée à la fois par la crise politique post-dissolution mais aussi par certains déséquilibres dans les rapports de force entre les différents organes du pouvoir.

L’instabilité depuis 2022

Il parait évident que l’instabilité récente a sapé la confiance des Français en la politique. Le Baromètre CEVIPOF est clair : les citoyens sont de plus en plus méfiants envers le gouvernement, mais aussi envers les partis.

Rémi Lefebvre¹, professeur de science politique à l’Université de Lille, nous explique que la crise que nous traversons est à la fois causée et accélérée par la fragmentation des partis qui a conduit à l’absence de majorité à l’Assemblée Nationale. Cette fragmentation est provoquée par un essoufflement progressif de l’alternance gauche-droite : Rémi Lefebvre parle de “la multiplication depuis les années 80 des alternances sans alternatives qui ont causé des désenchantements”. Une fois la fragmentation établie après l’élection d’Emmanuel Macron, comment un gouvernement peut-il correctement fonctionner face à des blocs aussi concurrents entre eux et en leur sein ? Peut-il travailler autrement qu’avec le 49.3 ?

D’après Bastien François², Professeur de science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ce sentiment de dysfonctionnement provient de notre mauvaise interprétation de la Constitution de 1958 : “Quand les constituants rédigent la Constitution, ils l’ont écrite pour résoudre la situation d’aujourd’hui”. Après des années de fait majoritaire, nous avons tendance à penser qu’il est normal pour un Président de disposer d’une majorité à l’Assemblée Nationale alors que “notre problème n’est pas l’absence de majorité mais notre incapacité de penser cette absence de majorité autrement qu’une crise, qu’une anomalie”. L’absence de majorité n’aurait donc rien d’anormal, la pratique de nos institutions (capacité des députés à parlementer, unité des partis, culture de l’ennemi plutôt que de l’adversaire…) plutôt que les institutions elles-mêmes serait la cause de l’instabilité.

Le cas de l’Allemagne (8.21)

Dans cette catégorie, l’Allemagne, avec 8.21, a une note bien meilleure que la France (7.5), le Royaume-Uni (7.5), et l’Espagne (7.5). Pourquoi ?

En Allemagne, le Bundestag (équivalent de notre Assemblée Nationale) est élu au suffrage universel par un scrutin mixte majoritaire et proportionnel. Ce mode de scrutin favorise la présence de plusieurs partis à l’Assemblée Nationale et évite la logique bi-partisane. Le parti victorieux n’est souvent pas majoritaire : il doit créer une coalition qui nommera le chancelier. Des discussions exploratoires sont alors tenues dans le but de définir un contrat de coalition, soit une déclaration d’intention commune avec un autre parti, définissant la politique du gouvernement dans les domaines clefs (économique, défense, international,…).

Par exemple, en mai 2025, le Parti CDU/CSU (Droite conservatrice) a remporté les élections législatives. Il s’est ensuite allié au SPD (Gauche Sociale-Démocrate) pour proposer le contrat de coalition nommé “Responsabilité pour l’Allemagne”. Friedrich Merz (CDU) a alors été nommé chancelier et chargé d’appliquer les propositions inscrites dans le contrat de coalition.

“Sur le fond des propositions, la répartition quantitative semble assez équitable. L’impression globale est celle d’un compromis équilibré : 52 % des 2740 phrases contenues dans le contrat de coalition sont plus proches du programme de la CDU/CSU, 48 % du programme du SPD.”

Contrat de coalition allemand : le texte intégral traduit et commenté. Le Grand Contient. Avril 2025. Guillaume Duval, Pierre Mennerat.

Répartition des sièges au Bundestag allemand sous la 21ème législature (mai 2025)

Répartition des sièges au Bundestag allemand sous la 21ème législature (mai 2025)
Répartition des sièges au Bundestag allemand sous la 21ème législature (mai 2025)

Dans le cas de l’Allemagne, l’absence de majorité absolue à l’Assemblée ne rime pas avec situation de crise, n’entrave pas le fonctionnement du gouvernement, c’est une situation normale. Les partis, qui auront peut-être à créer un contrat de coalition avec un adversaire, restent courtois lors des débats et les parlementaires s’accordent sur un programme commun.

Culture démocratique (6.88)

Cette catégorie est celle où la France reste la moins bien notée avec un score inférieur à 7. Cette note peut en partie s’expliquer par notre régime et notre culture hérités d’une histoire mouvementée.

En 1958, le Général de Gaulle et les constituants qui écrivent la Constitution de la Vème République veulent à tout prix éviter les instabilités de la IIIème et IVème République. Ils estiment que les Français, comme le montre leur histoire, sont attachés à un lien direct avec un Chef de l’État fort garantissant l’ordre et l’unité.

“La Constitution de 1958 cherche à affronter et à résoudre un paradoxe de notre histoire contemporaine. Depuis la Révolution, les Français sont à la fois attachés au parlementarisme et à la culture du chef”.

Vème République, Anatomie d’un régime en crise. Thomas Snégaroff et Anne-Charlène Bezzina. Editions Les Arènes. 2025

C’est donc de la structure même de notre régime et de notre rapport à l’autorité que vient cette note inférieure aux autres démocraties. Ce régime est un régime semi-présidentiel. Il s’agit d‘un régime mixte, entre régime parlementaire et régime présidentiel :

  • Parlementarisme : le gouvernement est responsable devant l’Assemblée Nationale, celle-ci peut le renverser grâce à une motion de censure.
  • Chef de l’État fort : le Président a des pouvoirs étendus : référendum, dissolution de l’Assemblée Nationale sans condition (uniquement consultation non contraignante), nomination du Premier Ministre,…

Les deux institutions ont la même légitimité : le suffrage universel direct.

Ce régime est assez rare parmi les grandes démocraties, ce qui lui vaut le concept d’”exceptionalisme à la française” :

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Est-ce un problème d’avoir une note basse dans cette catégorie ? Pas nécessairement. Après tout, même si certains analystes¹³ et les courants de gauche remettent en question l’attachement des français à la culture du chef, peut-être fait-elle tout de même intrinsèquement partie de nos valeurs françaises comme l’avancent d’autres analystes et les groupes politiques de droite.

Au delà de notre avis sur ce sujet, deux éléments alimentent tout de même le débat autour de ce régime semi-présidentiel :

  • Comme l’explique la constitutionnaliste Anne-Charlène Bezzina⁴, le Général de Gaulle avait pensé la figure présidentielle comme étant “au-dessus” des partis : le Président devait plutôt être un arbitre qu’un gouvernant ou qu’un législateur. Or, avec le phénomène de fait majoritaire (et bien avant Emmanuel Macron), “le Président de la République s’est de plus en plus comporté comme le chef de la majorité parlementaire”¹². En d’autres termes, le Président continue, dans les faits, à agir comme le chef d’un parti après son élection, ce que notre Constitution ne prévoit pas. Ici encore, il ne s’agit donc pas d’un problème constitutionnel, mais plutôt de pratique institutionnelle.
  • La montée du Rassemblement National et les comportements électoraux qu’elle implique (vote utile, vote de rejet…⁶) ne sape-t-elle la légitimité suprême du Président liée au suffrage universel ?

Cette édition visait à établir un panorama du débat qui se tient aujourd’hui à propos de nos institutions et de l’absence de majorité présidentielle depuis 2022. L’examen des scores dans les différentes catégories de l’Indice de Démocratie mettent en lumière les sujets qui seront probablement rediscutés lors des campagnes présidentielles… On a hâte.

Sources

  1. Rémi Lefebvre, Professeur de science politique à l’Université de Lille. Les transformations du système de partis sont-elles le reflet ou la cause de la crise politique ?. Journée d’études CEVIPOF. Février 2026.
  2. Bastien François, Professeur de science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. La constitution est elle coupable ?. Journée d’études CEVIPOF. Février 2026.
  3. Données : Indice Démocratie : Ourworldindata & Economist Intelligence Unit (données 2024)
  4. Vème République, Anatomie d’un régime en crise. Thomas Snégaroff et Anne-Charlène Bezzina. Editions Les Arènes. 2025.
  5. En qu[o]i les Français ont-ils confiance aujourd’hui ? Le baromètre de la confiance politique. Février 2026. SciencesPo CEVIPOF, Opinionway.
  6. Jérôme Jaffré, Chercheur associé au CEVIPOF - Institutions, présidents et gouvernants, partis, électeurs : qui est responsable du dérèglement politique?. Journée d’études CEVIPOF. Février 2026.
  7. La répartition des sièges au Bundestag allemand sous la 21e législature. Deutscher Bundestag. Mai 2025.
  8. Hans STARK. Mode d’emploi des coalitions gouvernementales en Allemagne. IFRI. Avril 2025.
  9. Alexandre Robinet Borgomano. “L’Allemagne est de retour” : nouvelle coalition et nouveaux objectifs. Mai 2025. Institut Montaigne.
  10. Guillaume Duval, Pierre Mennerat. Contrat de coalition allemand : le texte intégral traduit et commenté. Avril 2025. Le Grand Continent.
  11. Yves Sintomer. [Referendum] - Concordance : un idéal suisse. Août 2025. Institut Montaigne.
  12. La dissolution de la Vème République. Denis Baranger. Olivier Beaud. 2025. Editions Les Petits Matins.
  13. Si une VIe République devait naître, quelles seraient ses institutions ?. France Culture. Octobre 2025. Benjamin Morel. Eugénie Mérieau.
  14. La participation atteint 66,71 % au premier tour des élections législatives le 30 juin 2024, un record depuis 27 ans. Juillet 2024. Toute l’Europe.
  15. France Politique. Élections présidentielles.
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