La victoire des mollahs ?
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L’Iran et les États-Unis ont signé un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février dernier et sont en train de négocier un accord final. Quels sont les enjeux de ces négocations ? Quels sont les sujets abordés ? Pourquoi de nombreux analystes, y compris américains, estiment que l’accord représentera une victoire pour l’Iran ?
Aujourd’hui, on met en perspective les éléments principaux du document afin d’en comprendre les enjeux !
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Le document signé le mercredi 14 juin est un protocole d'accord : il fixe le cadre d'un accord final, que les deux parties se sont engagées à finaliser sous 60 jours. Beaucoup s’accordent pour dire que cet accord sera à l’avantage de l’Iran (maintien du régime, levée des sanctions, absence de négociations autour des missiles et des milices), tandis que les États-Unis sont seulement soulagés par la réouverture du Détroit d’Ormuz. Pour Benyamin Netanyahou, cet accord serait une catastrophe politique, et il a encore les moyens de le faire capoter. On résume :
La fin des combats : la rupture entre Trump et Netanyahou ?
Commençons par rappeler quelques faits.
Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël lancent une attaque conjointe en Iran. Le Guide suprême Ali Khamenei est tué dans les frappes, qui entraînent la mort d'autres responsables iraniens. Les bombardements israéliens et américains touchent également des civils et endommagent plusieurs infrastructures, parmi lesquelles des écoles et des hôpitaux.
L’Iran riposte par des frappes de missiles et de drones contre Israël ainsi que contre des alliés des États‑Unis dans la région.
Le 2 mars 2026, en réponse à l'assassinat du Guide suprême, le Hezbollah, milice chiiite libanaise alliée à l’Iran, lance des tirs de roquettes sur Israël. Israël réplique en bombardant Beyrouth, puis l'ensemble du Liban, et occupe le sud du pays. Au 1er juin, le ministère de la Santé libanais comptabilise au moins 3 433 morts, dont 3 200 civils et 10 395 blessés dont 334 enfants.
L’accord | Point 1 : « La République islamique d’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés dans la guerre actuelle, déclarent dès la signature du présent protocole d’accord la fin immédiate et permanente de la guerre sur tous les fronts, y compris le Liban. »
Les enjeux :
Cette question du Liban est très importante puisque des forces israéliennes occupent actuellement le sud du Levant. Israël, exclu de l’accord, a annoncé ne pas quitter la « zone de sécurité » qu’elle estime défendre.
Ce premier point du protocole qui engage le retrait d’Israël du Liban marque donc une rupture et pourrait remettre en question l'alliance israélo-américaine à l'origine de cette guerre. Comment en est-on arrivé à ce retournement ?
Rencontre entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou en 2020. Wikimedia Commons.
« Tu es complètement cinglé, sans moi tu serais en prison, je te sauve la peau ». Donald Trump lors d’un entretien téléphonique avec Benyamin Netanyahou, peu avant la signature
Pour comprendre pourquoi l’entente entre Netanyahou et Trump s’est considérablement dégradée, deux éléments sont à prendre en compte : d’une part la nature du conflit israélo-iranien et les motivations de Netanyahou à poursuivre cette guerre, notamment au Liban, d’autre part, les objectifs de guerre, ambigus et exprimés a posteriori, de Donald Trump.
La nature du conflit israélo-iranien et les motivations de Netanyahou à poursuivre cette guerre
Pour Israël, la République islamique d’Iran représente « une menace existentielle » : il la combat depuis sa création en 1979, soit depuis bientôt 50 ans ! Benyamin Netanyahou a fait de cette lutte contre l’Axe de la Résistance « le combat d’une vie »3 : elle est la base de la propagande israélienne, la justification des horreurs commises à Gaza et de sa légitimité politique. Des élections se tiendront d’ailleurs en octobre et de nombreux analystes expliquent que maintenir Israël dans un état de guerre lui permet de rester au pouvoir5 dans un contexte de traumatisme causé par les attentats du 7 octobre 2023.
Qu’est-ce que l’Axe de la Résistance ? Il s’agit d’un concept développé par la République islamique d’Iran à partir des années 80 en réaction à l’invasion du Liban en 1982. À son apogée dans les années 2010, il comprenait l’Iran, le Hezbollah, les milices Houthis du Yemen, les milices chiites irakiennes, le Hamas et la Syrie de Bachar Al-Assad, renversée depuis 2024.
La carte ci-dessous résume la répartition géographique de cet Axe, son histoire et son combat contre Israël :
Les objectifs de Trump
Tandis que les objectifs de Netanyahou étaient clairs et parfaitement acceptés par les Israéliens, ceux de Donald Trump étaient flous. Galvanisé par des opérations rapides et spectaculaires en Iran en juin 2025 (bombardement des infrastructures nucléaires) et en janvier 2026 au Venezuela (capture de Nicolas Maduro), Trump pensait régler le problème iranien sans s’enliser, afin de parvenir à un meilleur accord nucléaire que celui de 2015 et à l’établissement d’un gouvernement moins hostile. En février, les intérêts de Netanhayou et de Trump étaient donc circonstanciels : Trump voulait la gloire d’avoir anéanti un régime dangereux aux ambitions nucléaires et Netanhayou voulait, comme depuis toujours, éliminer la « menace existentielle ».
Qu’est-ce qui a changé ?
Donald Trump voit arriver les mid-terms de novembre à grand pas. Les américains sont touchés de plein fouet par l’inflation et la hausse du prix du pétrole : sa victoire dépend de sa capacité à faire revenir le pouvoir d’achat à la normale. Trump subit également de plus en plus la pression au sein de son propre Parti. Une grande majorité du mouvement MAGA est contre la guerre : on pense notamment au Vice-Président J.D. Vance dont on a rappelé l’isolationnisme dans la dernière édition de GeoContext. Cette même droite MAGA accuse Donald Trump d’obéir aux ordres de Netanyahou : le président américain a donc besoin de prouver son indépendance vis-à-vis du chef israélien.3 C’est donc la politique interne qui a poussé Trump à passer un accord avec l’Iran et à exclure Netanyahou des négociations.
Le point d’interrogation reste Israël : ses troupes vont-elles quitter le Liban ? Va-t-il abandonner son combat contre l’Axe de la Résistance après toutes ces années ? Benyamin Netanyahou va-t-il survivre à cette humiliation ?
Le nucléaire : régler 25 ans de tensions en 60 jours
Le nucléaire iranien est l’un des sujets les plus importants du conflit, voire le plus important. C’est même ce point qui fait que cette signature est un protocole d’accord : les États-Unis et l’Iran se donnent 60 jours pour trouver un accord sur cette question. Mais ce délai paraît extrêmement court, quand on sait que les tensions entre la communauté internationale et l’Iran autour du nucléaire datent du début des années 2000, et que c’est précisément l’échec des négociations en juin 2025 qui a poussé Donald Trump à frapper. De nombreux points restent à couvrir : que faire de l’uranium qu’a enrichi l’Iran depuis le retrait de l’accord de 2018 ? Fait-on suffisamment confiance aux mollahs pour les laisser utiliser du nucléaire civil ? Trump pourra-t-il rester sur sa position initiale d’interdire complètement le nucléaire en Iran ?
« Si rien n’est conclu dans les soixante jours, ce n’est pas grave, on recommencera à bombarder. » Déclaration de Donald Trump. Source: Live du Monde, guerre au Moyen-Orient.
L’accord | Point 8 : « La République islamique d’Iran réaffirme qu’elle ne produira jamais d’armes nucléaires. La République islamique d’Iran et les États-Unis ont convenu que le sort des matières enrichies et le sort de toutes les autres questions liées au nucléaire convenues mutuellement, y compris les besoins nucléaires de l’Iran, seront traités de manière adéquate dans un accord final. »
Les enjeux :
Pour bien comprendre la complexité de la situation, voici une frise résumant l’histoire du nucléaire iranien :
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Le régime meurtrier, le grand survivant
Les frappes israélo-américaines de février s'inscrivent dans un contexte de violence inédite en Iran. Le 28 décembre dernier, des manifestations de masse éclatent à travers le pays. Portée par une jeunesse éduquée et en pleine désislamisation, la population iranienne, déjà étranglée par les sanctions économiques et une gestion financière calamiteuse et corrompue, réclame la fin d'un régime qui l'opprime depuis 50 ans. C'est le plus grand mouvement de contestation depuis la révolution de 1979 : plus d'un million de personnes, de tout âge et de toute classe sociale, dans les grandes villes comme les petites.
Le régime riposte en coupant Internet, en accusant Washington et Israël d'attiser les manifestations, et en ouvrant le feu à l'arme de guerre sur la foule. Les estimations varient, de plusieurs milliers à 35 000 morts en deux jours selon certaines sources, mais toutes témoignent d'un massacre. Les blessés transportés à l'hôpital sont sommairement exécutés ou emprisonnés plutôt que soignés.
Sans pouvoir parler à la place des Iraniens, on peut imaginer qu'une partie de la population voyait dans l'attaque américaine et israélienne un espoir de faire enfin tomber le régime, sans naïveté sur les motivations de Trump et Netanyahou, pour qui sa libération n'était certainement pas une priorité.
Aujourd'hui, « la population est désemparée et déprimée »3 par ce protocole d'accord qui ne l’inclut pas et la laisse face à ses oppresseurs.
L’accord | Point 14 : « L’accord final sera approuvé au moyen d’une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies. »
Un paramètre est à prendre en compte selon Narges Bajoghli et Vali Nasr⁸, professeurs iraniens : la guerre et les nombreuses menaces de Trump telles que l’anéantissement de la civilisation perse auront exacerbé un sentiment anti-américain source de cohésion, au sein de la population iranienne. Ce phénomène est renforcé par une nouvelle classe dirigeante soucieuse de créer un nouveau contrat social fondé sur le nationalisme plutôt que l’Islam, après les manifestations funestes de janvier :
Ce qui est proposé aujourd’hui, c’est un pacte nationaliste-technocratique où la légitimité de l’État repose sur une capacité avérée à défendre et à reconstruire le pays. Les termes sont nationaux, non islamiques. […] Les médias d’État diffusent des contenus qui normalisent l’image de femmes voilées et non voilées côte à côte, présentent l’identité iranienne comme culturelle plutôt que purement religieuse, et s’adressent aux segments de la société qui avaient le plus fermement rejeté la République islamique, comme la jeunesse et la classe moyenne urbaine. […] De plus en plus, la République islamique ressemble moins à une théocratie qu'à un État autoritaire nationaliste de droite. L'idéologie islamique persiste, mais elle est subordonnée à l'impératif de cohésion nationale. »Iran’s New Grand Strategy. Juin 2026. NARGES BAJOGHLI. VALI NASR. Sur ce sujet : En Iran, un changement de régime a eu lieu. Le Grand Continent. Juin 2026. Asiem El Difraoui
Le contexte
Dans son rapport de 2025, Amnesty International analyse la situation des droits humains en Iran. La justice y sert d’instrument de répression : procès systématiquement inéquitables, détenus privés d’avocat et condamnés sur la base d’« aveux » extorqués sous la torture, souvent diffusés à la télévision d’État. La torture, les disparitions forcées et la détention au secret sont généralisées : plusieurs prisonniers sont morts en détention dans des circonstances suspectes. L’Iran a par ailleurs procédé en 2025 au plus grand nombre d’exécutions depuis 1989, utilisant la peine de mort comme arme politique autant que judiciaire, y compris contre des mineurs au moment des faits.
Les femmes, les minorités et les personnes LGBTI en sont les cibles privilégiées. Voile obligatoire, inégalité dans le mariage et le divorce, mariage légal dès 13 ans, féminicides impunis (plus de 100 par an) : les Iraniennes vivent sous un régime d’apartheid sexuel, tandis que les minorités ethniques et religieuses subissent discrimination, et que l’homosexualité reste passible de flagellation, voire de mort.
Les manifestations de janvier 2026 ne sont pas les premières, et les précédentes ont toutes été noyées dans le sang. En novembre 2019, la hausse du prix de l'essence déclenche des manifestations dans plus de 100 villes ; le régime coupe Internet, ouvre le feu sur la foule, et la répression fait environ 1 500 morts selon une enquête de Reuters. En septembre 2022, la mort de Mahsa Amini, jeune Kurde arrêtée par la police des mœurs pour un voile mal ajusté, déclenche le mouvement Femme, Vie, Liberté : pour la première fois, les femmes sont à l'origine et au cœur d'un mouvement quasi révolutionnaire, brûlant leur voile et scandant « Mort au dictateur » dans 30 des 31 provinces du pays. Bilan : au moins 537 morts, dont 68 enfants, et plusieurs exécutions de jeunes manifestants pour l'exemple.
300 milliards de dollars et la levée des sanctions
Donald Trump a assuré dans le protocole d’accord le financement de la reconstruction iranienne à hauteur de 300 milliards de dollars et la levée de toutes les sanctions :
L’accord | Point 6 : « Les États-Unis s’engagent, avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un plan global convenu par les deux parties pour la réhabilitation et le développement économique de la République islamique d’Iran, tout en assurant un financement d’au moins 300 milliards de dollars.»L’accord | Point 7 : « Les États-Unis s’engagent à mettre fin, selon un calendrier à convenir dans le cadre de l’accord final, à tous les types de sanctions auxquelles la République islamique d’Iran est actuellement confrontée, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi que toutes les sanctions unilatérales américaines, tant primaires que secondaires. »
Les enjeux :
Les négociations sont en cours et les décisions économiques finales ne sont pas encore arrêtées. En attendant, reprenons les mécanismes financiers en jeu pour ne plus s’y perdre.
Les types de sanctions
Différents mécanismes
Une sanction économique est une mesure de pression utilisée par un État ou une organisation internationale pour contraindre un autre pays à modifier son comportement, sans recourir à la force militaire.
Elle peut prendre plusieurs formes : embargo commercial (interdiction d'importer ou d'exporter certains biens, le pétrole iranien par exemple), gel des avoirs (blocage des fonds détenus à l'étranger), exclusion du système bancaire international (interdiction d'accéder aux mécanismes de financement mondiaux, ex: SWIFT), interdiction de voyager (gel des avoirs et interdiction de visa pour des dirigeants ciblés).
Sanctions internationales vs sanctions unilatérales
Les sanctions internationales sont décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU et s’imposent à l’ensemble des États membres. Les sanctions unilatérales, elles, sont décidées par un seul pays et ne s’appliquent qu’aux acteurs relevant de leur juridiction.
➡️ Par exemple, lorsqu’un dissident a révélé en 2002 à la communauté internationale l'existence de sites nucléaires inconnus en Iran, l’ONU a adopté la résolution 1737 qui « impose des sanctions à l’Iran pour n’avoir pas mis fin à son programme d’enrichissement de l’uranium […] ; interdit la fourniture de technologie et de matériel liés au nucléaire et impose le gel des avoirs des personnes et entreprises associées au programme d’enrichissement ». À l’inverse, en 2018, lorsque Trump est sorti unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien, il a décidé de rétablir unilatéralement les sanctions visant l'Iran qui avaient été levées par l'accord conclu en juillet 2015 à Vienne entre l'Iran et les pays du P5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Ces sanctions concernent une liste d’acteurs iraniens blacklistés mais aussi des interdictions sectorielles générales (l'énergie, la finance, le transport maritime, pétrole).
Sanctions primaires vs sanctions secondaires
Les sanctions primaires interdisent aux entreprises et citoyens américains tout commerce ou investissement avec l'Iran. Les sanctions secondaires vont plus loin : elles menacent les entreprises étrangères qui continueraient à traiter avec Téhéran d'être à leur tour exclues du système financier américain. C'est ce second mécanisme qui a le plus efficacement isolé l'Iran : car l'accès au dollar reste vital pour la quasi-totalité des acteurs économiques mondiaux, où qu'ils soient.
➡️ Par exemple, dans le cas du retrait unilatéral du retrait de l’accord en 2018 : l’interdiction de commercer avec l’Iran concerne aussi les entreprises étrangères. Les entreprises qui continueraient sont menacées d'être à leurs tours exclues du système financier américain ou d’interdiction d’accès au marché américain.
L’enjeu du gel des avoirs
Les avoirs dont les dirigeants iraniens et américains parlent pendant les négociations sont des fonds iraniens détenus à l'étranger, dans des banques centrales ou des comptes souverains, bloqués au fil des crises diplomatiques depuis 1979. En général, les avoirs gelés appartiennent à l'État iranien lui-même (banque centrale iranienne, fonds souverains, comptes d’État, entreprises publiques iraniennes). Les estimations actuelles évoquent entre 100 milliards de dollars mais le montant exact est méconnu. Ce paramètre est extrêmement important dans les négociations et c’est un des points qui avait été reproché à l’accord de 2015 : la récupération de ces avoirs pourrait permettre à financer le terrorisme et les milices de l’Axe de la Résistance…
Et l’Iran ne semble pas pour l’instant ouvert aux conditions : l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, Ali Bahreini, a déclaré : « L’Iran est le seul pays à décider du sort des avoirs qui vont être débloqués [par les Etats-Unis] […] aucun autre pays ni aucune autre entité n’aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés par l’Iran. »
Fonds de financement privé
Les 300 milliards de dollars annoncés dans le protocole d'accord et dont tout le monde parle est encore autre chose. Il s’agirait d'un fond dédié à la reconstruction iranienne alimenté par des pays et entreprises du Golfe, d'Asie et d'autres régions (“les partenaires régionaux”). Mais à ce jour, aucun pays du Golfe n'a confirmé publiquement sa participation. Rien de très clair et définitif donc…
L’histoire des sanctions contre l’Iran remonte à la Révolution Islamique : les États-Unis puis la communauté internationale ont toujours tenté de faire plier le régime sur la question du nucléaire et du terrorisme grâce à ces mécanismes (cf frise chronologique ci-dessous) :
Le Détroit d’Ormuz, l’atout qui a fait plier la 1ère puissance mondiale
Les États-Unis avaient un avantage certain sur la République islamique d’Iran : après tout, c’est la 1ère puissance économique et la 1ère puissance militaire mondiale !
Mais l’Iran disposait de l’atout géographique qui a forcé Donald Trump à l’accord : le Détroit d’Ormuz.
L’accord | Point 5 : « Dès la signature du présent protocole d’accord, la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures pour assurer que la circulation des navires marchands du golfe Persique vers la mer d’Oman et inversement soit rétablie dans les 30 jours au volume d’avant-guerre, en tenant compte de la nécessité de la levée des obstacles techniques et de la neutralisation des mines par l’Iran. »
Le contexte :
Depuis le début de la guerre, la fermeture du Détroit d’Ormuz a fait bondir le prix du pétrole et du gaz, ce qui a provoqué une inflation généralisée. Pour plus de détails sur l’impact du blocus et la réouverture du détroit, parcourez le site de l’Observatoire du Détroit d’Ormuz mis à jour par le Grand Continent.
Les sujets absents : les missiles balistiques et le financement des groupes armés.
Alors que les détracteurs de l’accord de 2015 soulignaient l’absence de conditions à propos du financement de l’Axe de la Résistance et des missiles balistiques, ces deux points sont précisément ceux qui ne font pas partie de l’accord, et c’est là une victoire en soi pour les Iraniens selon de nombreux observateurs.
Les groupes armés
Nous avons montré tout au long de cette édition qu’après le nucléaire, la question de l’Axe de la Résistance et des milices armées est le point le plus important des tensions qui durent depuis 50 ans. Ce point ne fait pas du tout partie de l’accord.
Entraînement du Hezbollah libanais en mai 2023
Les missiles balistiques
« Les missiles iraniens servent à être tirés, pas à être négociés », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères Esmaïl Baghaï dans un entretien à la télévision d’État : « les capacités de défense iraniennes ne feront pas l’objet de discussions, d’aucune façon, avec qui que ce soit ».7 Les missiles balistiques ne seront pas discutés pendant les prochains 60 jours.
Les enjeux politiques internes ont donc décidé Donald Trump à négocier avec l’Iran. Le régime islamique semble pour l’instant être le grand gagnant au détriment de la population. Mais l’accord final n’est pas encore signé : il dépend des prochaines actions de Benyamin Netanhayou et d’une entente autour de la question nucléaire. Deux variables extrêmement incertaines !
Sources
- Après l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, Benyamin Nétanyahou affirme que l’armée israélienne restera à Gaza, au Liban et en Syrie “aussi longtemps que nécessaire. France Info. 15 juin 2026.
- Moyen-Orient : Israël ne retirera pas ses troupes du Liban, de Syrie et de Gaza (ministre Défense). France 24. Juin 2026.
- Trump-Iran : Un accord sans vainqueur. Juin 2026. C ce soir.
- Les 14 points du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran : texte intégral d’une capitulation américaine. Juin 2026. Le Grande Continent.
- Guerre en Iran : quelle stratégie pour Benyamin Netanyahou? Mars 2026. L’Heure du monde.
- Iran : comment le régime en place échappe-t-il en grande partie aux sanctions économiques occidentales ? Jan 2026. Ouafia Kheniche.
- Le Live du Monde. 18 juin 2026. Le Monde
- Iran’s New Grand Strategy. Narges Bajoghli and Vali Nasr. June 2026. Foreign Affairs.
- En Iran, un changement de régime a eu lieu. Asiem El Difraoui. Juin 2026. Le Grand Continent.
- Israël : l’opposition israélienne exprime son inquiétude. RFI. Juin 2026
- Tu es complètement cinglé. France Info. Juin 2026.
- Observatoire de la bataile d’Ormuz. Le Grande Continent
- En cartes : Comprendre l’« axe de la résistance ». Francesca Fattori, Cécile Hennion et Floriane Picard. 27 juin 2025. Le Monde.
- Behind Stark Political Divisions, a More Complex Map of Sunnis and Shiites. Jan 2016. New York Times.
- Syrie : les Chiites menacés ? Avril 2024. France Inter
- Qui sont les Houthis, cette milice yéménite visée par les frappes américaines et britanniques ? Jan 2024. The Conversation.
- Le nouveau gouvernement irakien obtient la confiance du Parlement. Mai 2026. Institut Kurde de Paris.
- Un an après la chute de Bachar al-Assad, quel avenir politique pour la Syrie ? Décembre 2025. France Culture.
- Iran-Arabie Saoudite, portraits croisés. Dec 2024 Arte.
- Les États-Unis, principal médiateur du conflit israélo-palestinien depuis 75 ans. Oct 2023. Le Figaro.
- Guerre en Iran : Trump prêt à envoyer des troupes au sol « si nécessaire » - le récit du lundi 2 mars. Les Echos.
- Iran, de révolutions en répression. France Culture
- Répression en Iran : “Aujourd’hui, on peut parler de massacre”, estime le journaliste Armin Arefi. France Inter. janv 2026.
- Rapport 2025 d’Amnesty International
- L’embargo décrété par Washington contre l’Iran pénalise les « majors » pétrolières. 1995. Le Monde.
- Total bien placé pour signer un grand contrat en Iran. Mai 1997. Les Echos.
- Focus sur le rétablissement, le 29 septembre 2025, des sanctions contre l’Iran levées en 2015. Ministère de l’économie.
- Le déclin de “l’Axe de la Résistance”. Juin 2025. Radio France.
- L’Iran privée du système Swift par l’UE. Mars 2012. Le Figaro.
- Washington contre toute exportation de pétrole iranien. Avril 2019. France 24.